Je m’appelle William Chalmandrier, j’ai 31 ans, et je suis Masseur-Kinésithérapeute depuis 2016, Ostéopathe depuis 2025. Passionné par les sciences de la santé et animé par une curiosité constante, j’ai toujours cherché à comprendre le corps dans sa globalité, au-delà des symptômes.

Issu d’une famille de handballeurs, le sport a rythmé ma vie pendant près de 18 ans, du mini-hand aux championnats de France avec Chambéry. Cette immersion précoce dans le sport m’a permis de côtoyer très tôt les professionnels de santé qui gravitent autour des terrains : kinés, ostéopathes, médecins du sport… C’est là que l’envie d’exercer un métier au service des autres est née.

Après un bac scientifique, une prépa à Nantes et trois années à Paris, j’obtiens mon diplôme de kiné en 2016. Je débute en cabinet libéral puis fais le choix de voyager pendant 8 mois en Nouvelle-Zélande, Australie, Bali et Canada. Ce périple a profondément élargi ma vision du soin — et de la vie.

À mon retour, je m’installe en Savoie, retrouve les parquets de handball, et travaille dans un centre de rééducation polyvalent où je prends en charge des patients polytraumatisés, hémiplégiques, amputés, ou atteints de pathologies neurologiques. En 2021, je rejoins une maison médicale pour pratiquer en libéral, en cabinet, à domicile, en balnéothérapie, et j’y anime aussi des cours de sport.

Mais rapidement, un sentiment d’incomplétude surgit. Je constate que, malgré tout mon engagement, certaines limites persistent dans l’accompagnement de mes patients. Les résultats sont parfois insuffisants, et l’approche uniquement symptomatique me frustre. En parallèle, j’observe les bénéfices d’une approche plus globale et les effets positifs de certaines techniques ostéopathiques. C’est le déclic.

En 2022, je reprends donc les études en ostéopathie, avec le désir d’enrichir ma pratique. Je découvre une philosophie radicalement différente, qui résonne profondément avec ma façon d’envisager le soin. Très vite, une question me taraude : « Pourquoi tant de kinésithérapeutes font-ils ce choix de bifurcation ? »
Ce questionnement m’amène à en faire le sujet de mon mémoire de fin d’études.

Aujourd’hui, je m’interroge aussi sur la diversité des pratiques dans le monde : comment le soin s’adapte-t-il aux cultures, aux croyances, aux contextes locaux ? Ce sont ces pistes que je souhaite continuer à explorer, dans ma pratique comme dans mes projets à venir.

L’Ostéopathie

1. Origines et histoire

L’ostéopathie est née en 1874, fondée par Andrew Taylor Still, médecin, rebouteux et magnétiseur américain. Marqué par la perte de trois de ses enfants lors d’une épidémie de méningite cérébro-spinale, Still cherche une nouvelle manière de comprendre et de soigner le corps.
Il développe alors une approche reposant sur la mobilité, l’équilibre des structures et les capacités d’autorégulation de l’organisme.

L’ostéopathie s’est d’abord implantée aux États-Unis, puis en Europe grâce à J.M. Littlejohn qui fonde la British School of Osteopathy à Londres. En France, c’est le médecin Robert Lavezzari qui introduit la discipline dans les années 1930.

Aujourd’hui, l’ostéopathie est reconnue par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) depuis 2000 et fait partie intégrante de l’offre de soins dans de nombreux pays.


2. Reconnaissance et formation

En France, l’ostéopathie a longtemps été considérée comme un exercice illégal de la médecine.
La reconnaissance officielle arrive avec la loi Kouchner du 4 mars 2002, puis les décrets d’application en 2007. En 2014, un référentiel national d’activités, de compétences et de formation vient encadrer la profession.

👉 Aujourd’hui, la formation se fait exclusivement en écoles privées agréées par le Ministère de la Santé.

  • Durée : 5 ans après le baccalauréat.

  • Nombre d’écoles : 31 établissements répartis sur le territoire.

  • Accès : étudiants post-bac ou professionnels de santé (kinésithérapeutes, sages-femmes, infirmiers, podologues, etc.).

À noter : contrairement au Royaume-Uni, où les ostéopathes sont pleinement intégrés au système de santé via le General Osteopathic Council, en France les ostéopathes exercent principalement en libéral, sans statut de professionnel de santé.


3. Les secteurs d’activité

  • Cabinet libéral : la grande majorité (99 %) des ostéopathes français exercent en libéral.

  • Hôpitaux et cliniques : de plus en plus présents, notamment en pédiatrie, néonatalogie ou centres de la douleur.

  • Sport : accompagnement de sportifs professionnels et amateurs au sein d’équipes médicales.

  • Structures spécialisées : établissements de soins, accompagnement des femmes enceintes, suivi des nourrissons…


4. Les techniques ostéopathiques

L’ostéopathie repose sur un diagnostic d’opportunité (capacité à identifier si la prise en charge est adaptée ou si une réorientation médicale est nécessaire).

Les techniques utilisées peuvent être regroupées en quatre grandes familles :

Structurelles / articulaires : mobilisations et manipulations des articulations (dont les techniques HVBA « thrust »).

  1. Viscérales : travail sur les tissus mous, pressions et mobilisations douces des organes.

  2. Cranio-sacrées : approche fine des micro-mobilités entre le crâne et le bassin.

  3. Somato-émotionnelles : travail sur les tensions physiques liées à des blocages émotionnels.

Chaque traitement est individualisé et s’accompagne de conseils pour prolonger les effets de la séance.


5. Tarifs et remboursement

  • Prix moyen d’une séance : entre 50 et 150 € (durée 30 à 60 minutes).

  • Prise en charge : l’ostéopathie n’est pas remboursée par la Sécurité sociale.

  • La majorité des mutuelles complémentaires proposent un remboursement partiel, souvent sous forme de :

    • 3 à 4 séances/an,

    • ou une enveloppe annuelle (150–200 €).


6. Une discipline en plein essor

Avec plus de 40 000 ostéopathes en exercice en France, la profession connaît une croissance exceptionnelle, plaçant le pays au 2ᵉ rang mondial derrière les États-Unis.
Malgré une reconnaissance encore incomplète dans le système de santé français, l’ostéopathie continue de se développer, répondant à une demande croissante des patients pour une prise en charge globale, personnalisée et respectueuse des capacités d’autorégulation du corps.

La Kinésithérapie

1. Mise en place historique

En France, la kinésithérapie naît au début du XXᵉ siècle, dans un système de santé fortement centré sur la médecine.
Pendant longtemps, seul le médecin avait le droit d’intervenir sur le corps humain. Mais les besoins créés par les deux guerres mondiales rendent nécessaire l’apparition de professions de rééducation. C’est dans ce contexte que sont créés les diplômes d’État d’infirmier, de pédicure-podologue et de masseur-kinésithérapeute.

Le masseur-kinésithérapeute (MK) exerce initialement uniquement sur prescription médicale. Depuis la loi de 2000, il est cependant habilité à réaliser un Bilan Diagnostic Kinésithérapique (BDK), ce qui lui confère davantage d’autonomie dans l’organisation et la réalisation des soins.


2. Accès à la formation

Aujourd’hui, pour devenir kinésithérapeute, il faut intégrer un Institut de Formation en Masso-Kinésithérapie (IFMK).

  • Parcours d’entrée : après une année d’études de santé (PASS) ou une licence avec option santé (notamment STAPS ou sciences).

  • Durée des études : 4 ans en IFMK, soit un cursus global de 5 ans.

  • Diplôme : le Diplôme d’État de MK correspond à un grade Master depuis 2015.

La profession est également marquée par un grand nombre de diplômés formés à l’étranger (en Espagne, Belgique, etc.), qui représentent plus de 30 % des MK inscrits en France en 2024, dont une majorité de Français partis se former hors du territoire.


3. Les secteurs d’activité

La kinésithérapie couvre un champ d’action très large :

  • Rééducation orthopédique et traumatologique (fractures, entorses, suites opératoires).

  • Rééducation neurologique (AVC, sclérose en plaques, Parkinson…).

  • Rééducation respiratoire et cardio-vasculaire (asthme, BPCO, insuffisance cardiaque, post-chirurgie thoracique).

  • Rééducation périnéale et abdominale (post-partum, troubles sphinctériens).

  • Rééducation spécialisée (cicatrices, brûlures, amputation, troubles de l’équilibre, rééducation maxillo-faciale).

Lieux d’exercice :

  • Libéral : la majorité des MK (environ 85 %) exercent en cabinet de ville.

  • Salariat : hôpitaux, centres de rééducation, cliniques, maisons de retraite, clubs sportifs.

  • Carrière universitaire : l’universitarisation de la profession ouvre de plus en plus la voie à l’enseignement et à la recherche.


4. Les moyens thérapeutiques

Le kinésithérapeute dispose d’un large éventail d’outils et de techniques :

  • Massages thérapeutiques

  • Mobilisations articulaires et étirements

  • Mécanothérapie et balnéothérapie

  • Électrothérapie, cryothérapie, pressothérapie

  • Contentions souples et appareillages posturaux

  • Rééducation cardio-respiratoire (ECG, mesure du débit respiratoire, suivi des constantes)

L’approche repose sur la rééducation fonctionnelle : restaurer la mobilité, la force, l’équilibre et la capacité d’un patient à retrouver ses activités quotidiennes.


5. Organisation des soins et rémunération

La prise en charge en kinésithérapie s’inscrit généralement dans le parcours de soins coordonnés :

  1. Le patient consulte un médecin en première intention.

  2. Celui-ci établit un diagnostic médical et, si nécessaire, prescrit des séances de kinésithérapie.

  3. Le MK réalise alors son bilan diagnostic kinésithérapique et adapte la prise en charge.

La rémunération repose sur la Nomenclature Générale des Actes Professionnels (NGAP) :

  • Tarif d’une séance courante : 16,55 € à 20,97 € pour environ 30 minutes.

  • Les soins sont remboursés par la Sécurité sociale et la complémentaire santé.

  • Certains actes peuvent être réalisés en hors nomenclature (HN), non remboursés.

Depuis 2022, des expérimentations permettent aux MK de recevoir directement certains patients en accès direct (ex. : lombalgie commune, entorse de cheville), ce qui pourrait élargir encore leur rôle dans le système de santé.


6. Une profession clé du système de santé

Avec près de 110 000 kinésithérapeutes en exercice en France, la profession occupe une place centrale dans la rééducation et l’accompagnement fonctionnel.
Le kinésithérapeute intervient à tous les âges de la vie, du nourrisson à la personne âgée, dans un rôle à la fois curatif, préventif et éducatif.

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